28.09.2026
Temps de lecture 5 min

L’Angleterre doit améliorer son efficacité malgré une domination face à l’Espagne

Data shows England made inroads against Spain but they must be more clinical | Andrew Beasley

L’Angleterre a exercé une domination sur l’Espagne que peu d’équipes ont réussi ces dernières années. Malheureusement pour les Anglais, cela ne s’est pas traduit par des buts ni par une possession significative. Toutefois, la localisation de la balle sur le terrain est plus cruciale que la possession elle-même. L’équipe de Thomas Tuchel a enregistré 36 touches dans la surface de réparation adverse, un total étonnamment élevé en comparaison avec les performances de l’Espagne au cours de la dernière décennie.

Comparaison des touches dans la surface

Lors de la Coupe du Monde 2026, l’Espagne n’a permis que 9,5 touches par match dans sa surface de réparation. Les efforts combinés de la Belgique, de la France et de l’Argentine ont totalisé 38 touches dans la surface espagnole lors des trois derniers tours du tournoi. Depuis le début des enregistrements disponibles (au début de l’Euro 2016), le plus grand nombre de touches dans la surface de l’Espagne a été de 45, réalisé par l’Allemagne lors du quart de finale de l’Euro 2024. Ce match étant allé en prolongation, il est important de noter que la France avait enregistré 42 touches dans le temps réglementaire lors de la demi-finale de la Ligue des Nations qu’elle a perdue 5-4 l’année dernière, suivie de l’Angleterre, qui a terminé seconde lors d’un échantillon de 133 matchs.

Opportunités manquées pour l’Angleterre

Étant donné leur activité dans la surface, l’Angleterre aurait dû créer davantage d’opportunités. L’Allemagne a généré 2,15 buts attendus non sur penalty dans cet exemple, la France 1,95 et l’Angleterre seulement 0,95. En moyenne, les Anglais ont eu 5,1 touches dans la surface pour chaque tir tenté, ou 5,8 sans le penalty de Harry Kane. Tottenham a été critiqué pour son inefficacité à cet égard cette saison, et leur moyenne de 3,6 — la plus élevée de la Premier League — est bien en dessous du niveau de l’Angleterre contre l’Espagne.

Malgré leur présence dans la surface, l’Angleterre a eu du mal à créer des occasions de grande valeur, car les Espagnols ont parfaitement compressé l’espace, laissant peu de voies de passe ou de lignes de vue vers le but. La performance de Bukayo Saka illustre parfaitement ce point. Avec un total de 10 touches dans la surface, il a fait mieux que l’Argentine qui n’a réussi que deux touches en 120 minutes lors de la finale de la Coupe du Monde.

Saka a tenté un tir depuis l’intérieur de la surface, mais il a courbé le ballon à côté du poteau éloigné à mi-chemin de la seconde mi-temps. Il a été taclé deux fois en essayant d’engendrer des actions et a eu du mal à contrôler le ballon lors de plusieurs réceptions. L’élément clé réside dans ses touches dans la surface où il cherchait à trouver un coéquipier : quatre de ses cinq passes effectuées depuis l’intérieur de la surface sont allées en dehors de celle-ci, loin du but.

Morgan Gibbs-White

Anthony Gordon a été le deuxième joueur de l’Angleterre pour les touches dans la surface, avec cinq. L’une de ses deux passes a été un centre que Unai Simón a intercepté, tandis que l’autre est allée en arrière vers le bord de la surface. Au moins, celle-ci a été réussie ; la seule passe de Jude Bellingham dans la surface a été ratée, tandis que Kane n’a tenté aucune passe. Morgan Gibbs-White a complété une passe dans la surface espagnole à la 95e minute, représentant le total cumulé des cinq remplaçants.

Étant donné que leurs deux passes décisives et l’un de leurs buts ont été réalisés depuis l’extérieur de la surface, l’Angleterre a prouvé que l’inefficacité dans la surface ne doit pas nécessairement être décisive. Le problème est que l’Espagne a montré à quel point elle pouvait être létale dans la surface de 18 yards, même avec une possession limitée.

Avec un total de 15 touches dans la surface à Wembley, l’Espagne a enregistré moins de la moitié de sa moyenne de 90 minutes à la Coupe du Monde (32,5). Mais au-delà du volume, il faut apprécier la qualité. L’Espagne a réalisé cinq tirs valant au moins 0,26 buts attendus à l’intérieur de la surface, tandis que l’Angleterre n’a eu qu’un seul tir (plus le penalty) dépassant ce seuil. Les hommes de Tuchel ont souvent rencontré un mur défensif une fois dans la surface, contrairement à l’Espagne, qui a perforé la défense anglaise avec une relative aisance.

Les occasions de grande valeur créées par les visiteurs ont été établies grâce à des passes dans la surface ou des ballons en profondeur. Deux de ces dernières ont abouti à des occasions définies par Opta à 1-0, toutes deux ratées par Ferran Torres. L’Angleterre aurait-elle pu revenir après avoir été menée de deux buts ? Cela semble douteux.

Avoir 36 touches dans la surface contre l’équipe que les classements Elo du football mondial considèrent comme la plus grande équipe internationale de tous les temps est un accomplissement qui ne doit pas être ignoré. Cependant, bien que Gordon ait affirmé par la suite qu’il n’y avait pas d’écart entre l’Angleterre et l’Espagne, cet écart existe. Tuchel doit trouver comment rendre son équipe aussi solide que les champions du monde en défense et aussi percutante en attaque.