Déclaration

Geoffrey Adjet : “ Après cette blessure je pensais à arrêter ma carrière”

Photo officielle de Geoffrey Adjet pour la saison 2023/2024. CC SO Romorantin

À 35 ans, Geoffrey Adjet évolue au SO Romorantin en National 2. Né à Toulouse, il joue dans plusieurs clubs de la région pour ensuite atteindre l’élite du football français. L’occasion de revenir sur ses premiers pas dans la ville rose, le haut niveau pendant plusieurs années. Mais aussi les pauses dans sa carrière, les blessures récurrentes pour au final retrouver de la stabilité.

 

Dans votre carrière, vous avez évolué à plusieurs postes, lequel avez-vous préféré ? Et pourquoi ?

“J’ai été formé comme milieu offensif sur le côté gauche. Mais depuis, on va dire 4 ou 5 ans, je suis revenu dans l’axe. Si je devais faire un choix, mes plus belles années étaient sur le couloir gauche parce qu’avant j’étais plus en forme physiquement. Néanmoins, mon rôle dans l’axe en tant que relayeur est plaisant, car je touche plus de ballons et j’aime faire jouer les partenaires.”

Qu’est-ce que vous retenez de ces 4 années passées dans votre premier club, le Toulouse Fontaines Club ?

“Le club des Fontaines est le club qui m’a fait découvrir le haut niveau. En U15 et U17, on était à chaque fois dans les niveaux nationaux. C’est l’occasion d’affronter les équipes professionnelles et leur centre de formation. Cela permet de voir si tu es au niveau pour plus tard être dans un club de cette envergure. Sur le plan collectif, j’ai passé quatre bonnes années avec un super groupe.”

Vous intégrez le centre de formation du TFC en U19, le premier pas vers le monde professionnel. Pouvez-vous expliquer comment ça, c’est fait et les changements qu’il y a entre le centre de formation et votre ancien club ? Votre année en général ?

“Quand j’étais en U17 aux Fontaines, on avait le TFC dans notre poule en national. Lors des deux rencontres, j’ai fait deux bons matchs. Par la suite, avant la fin de l’année, ils ont commencé à m’approcher et m’inviter à quelques séances d’entraînement. Puis après, j’ai signé. La différence, c’est que le Toulouse FC est un club pro, ce qui veut dire que le rythme change. L’enchaînement entre les séances d’entraînement avec parfois deux par jour combiné avec les matchs le week-end plus l’école. Il y avait aussi une concurrence plus compliquée. Personnellement, mon année est moins bonne, mais le groupe finit premier de la poule avec un beau parcours en phase finale donc au final, c’était top.”

Après avoir passé 1 an à Blagnac, vous retournez aux Fontaines, pourquoi avoir fait ce choix ? Pourquoi ne pas avoir continué au TFC ?

“Partir de Toulouse n’était pas mon choix, mais celui du coach qui ne voulait pas me conserver. Après cela, j’ai fait plusieurs essais, mais l’aspect scolaire bloque toujours. C’est par des connaissances que j’ai atterri à Blagnac. Au début, j’étais avec l’équipe en DHR (maintenant régional 2, NDLR) puis avec l’équipe des U19. Après, je suis retourné aux Fontaines qui étaient à ce moment-là en CFA 2 (maintenant National 2) par l’initiative d’une autre connaissance. Mais je reviens surtout par rapport à un gros projet avec l’arrivée d’investisseurs.”

Ce choix vous permet de signer à Nancy alors en Ligue 1, premier club hors de la région toulousaine. Comment vous êtes-vous fait remarquer ? Quel était votre sentiment à ce moment-là ?

“Quand j’étais aux Fontaines, il y avait des anciens joueurs pro qui sont venus notamment grâce aux investisseurs. Dans le lot, il y avait Christophe Bastien (passé par Nancy et Metz entre 1994 et 2003) qui avait lui-même côtoyé l’entraîneur de Nancy au moment où j’arrive au club. Il lui a parlé de moi comme quoi j’étais un jeune prometteur. Dans un premier temps, je suis allé à Nancy puis j’ai été rappelé pour le stage de préparation. À la fin, j’ai signé. Ce moment est magique et énorme surtout. Je franchissais plusieurs paliers d’un coup. Les différences étaient les mêmes que quand j’ai rejoint le TFC. Mais cette fois-ci elles étaient accentuées surtout au niveau physique.”

Vous touchez alors à l’élite du foot français lors de la saison 2008-2009. Malgré seulement 6 matchs et un but, que retenez-vous de cette année ?

“C’était qu’un an, mais je suis passé par toutes les émotions. J’étais très heureux de signer dans un club de Ligue 1. Mais ensuite, j’ai eu beaucoup de pépins physiques notamment les 6 premiers mois, car mon corps a mis du temps à s’adapter à l’enchaînement des entraînements et des matchs donc j’ai eu pas mal de petites blessures. Puis de janvier à juin, j’ai pu enchaîner les feuilles de match, fait quelques entrées, mais j’ai aussi pu marquer mon but. Sportivement, les émotions sont là, car on joue le maintien jusqu’en fin de saison, mais on arrive aussi en 32ème de finale de la coupe de la ligue contre le PSG. Cette saison restera à graver.”

La saison suivante, vous partez à Tours pendant deux ans, à ce moment en ligue 2. Pourquoi avoir pris le choix de partir aussi vite de Nancy ? L’objectif était de s’imposer ?

“Encore une fois, quitter Nancy n’est pas mon choix, mais celui du coach, il m’a fait comprendre que je n’étais plus sa priorité tout en gardant un œil sur moi. Mais à Tours, les blessures étaient toujours là donc je n’ai encore pas pu m’exprimer et au bout des deux ans, on m’a remercié.”

Deux ans après votre départ de Tours, on va comprendre que Toulouse Fontaines a été un club important, car vous revenez, pourquoi être revenu dans la région ? Quelle était l’intention à ce moment-là 

“Après Tours, avec mon agent, on cherche un club professionnel pour rester dans le milieu, mais malheureusement, ça ne s’est pas fait. Je suis restée deux saisons sans club. Puis, je reviens donc à Toulouse Fontaine et ce n’est plus la même chose, à ce moment-là il n’y a plus de gros projet, les investisseurs sont partis. Le club est en DH (maintenant régional 1, NDLR). Je restais un an pour reprendre le foot en mode compétions, mais sportivement l’année est catastrophique.”

Ce passage dans le premier club de votre carrière vous permet la saison suivante de signer, dans votre club actuel, au SO Romorantin d’abord 5 ans, à ce moment-là en CFA puis national 2 pourquoi avoir pris cette décision ? Qu’est-ce que vous retenez de cette période ?

“Personnellement, cette saison m’a fait rebondir pour me permettre de signer là où je suis à Romorantin. Je signe au club, car c’est le seul qui m’a fait confiance et donc c’est allé très vite dans les démarches. La première saison est compliquée physiquement, car il fallait que je me réhabitue à la charge de travail. C’est à partir de la seconde saison que j’ai retrouvé mes capacités et j’ai pu réellement m’exprimer dans un bon niveau.”

En 2019, vous mettez une pause dans votre carrière, pendant deux ans, encore une fois pour quelle raison ? Comment avez-vous vécu, on va dire cet obstacle vis à vis de votre carrière ? Un retour à Toulouse était envisagé ?

“La raison de cette pause est due à une blessure au niveau du cartilage du genou que je me suis faite lors du dernier match de la saison à Colomiers. Cette blessure m’a donc écarté des terrains pendant 2 ans. Psychologiquement, c’est jamais facile, mais cette blessure était vraiment dure et je pensais arrêter ma carrière parce que c’est la plus grosse avec une opération et que j’ai frôlé de ne plus pouvoir jouer au foot. Mais c’est dur, car c’est la période covid donc les centres de rééducation sont fermés et je dois le faire moi-même, ça n’arrange pas les choses. Mais au final je suis revenu plus vite et tout s’est bien passé.”

Vous êtes en 16ème de finale de la coupe de France, comment jugez vous votre parcours dans la compétition ?

“Cette année, on a joué que des équipes inférieures en termes de niveaux, c’est la première depuis que je suis arrivé au club, même si ça ne veut rien dire surtout en Coupe de France, ça aide pour faire un bon parcours.”

Alors que votre club se situe dans le Loire et Cher, vous vous êtes déplacés à Auch et Castanet avec cette compétition, est ce que ça fait toujours quelque chose de revenir dans une terre qu’on connaît ?

“Ca fait toujours quelque chose étant donné que en 10 ans j’ai joué qu’à Colomiers, le match où je me blesse. Cette année est particulière, car je fais 2 déplacements dans la région en 3 semaines, c’était génial surtout à Castanet ou la famille et les amis sont venu me voir jouer.”

Comment abordez vous le match face à Saint Priest, équipe d’un niveau plus bas ?

“Je ne me fie pas au niveau de l’adversaire parce que les surprises arrivent vite en Coupe de France. Le cadre est différent parce qu’on n’a pas d’information sur comment ils jouent ou autre, mais on sait que c’est chez eux, avec du monde au bord du terrain et que le match ne sera pas facile.”

À 35 ans, vous arrivez à un âge où forcément, on se demande jusqu’à quand le corps va suivre le rythme d’un joueur de foot, est ce que c’est votre cas ?

“C’est sûr qu’à mon âge, je suis plus proche de la fin, je commence à réfléchir doucement à la reconversion, mais je veux continuer le plus longtemps d’être dans cette stabilité que j’ai. Donc je ne me fixe pas de limite, ni de date, j’écoute plutôt mon corps. Parce qu’une fois avoir raccroché les crampons, ce sera définitif.”

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