
Après la victoire de Lens en finale de la Coupe de France contre Nice (3-1), Pierre Sage a partagé ses réflexions sur ce moment marquant.
« Quel est votre ressenti une heure après cette victoire (3-1 en finale de Coupe de France contre Nice) ? Je me nourris de la joie des joueurs et du public. Nous avons cette chance de rendre les gens heureux, et c’est ce qui nous satisfait le plus ce soir. »
Une première saison réussie
C’est votre première saison à Lens, n’est-ce pas ? « Oui, c’est ma première ici. Cette finale vient célébrer une année magnifique. Nous savons désormais que nous pouvons être ambitieux. »
La préparation de la finale
Comment s’est déroulée la préparation de cette finale ? « Les joueurs n’ont pas modifié leurs habitudes. Ils ont joué à des jeux de société après le petit-déjeuner, restant ensemble et détendus. Pour ma part, je me suis isolé dans ma chambre et j’ai observé l’arrivée de la marée sang et or à Saint-Denis. Cela nous a donné de la force, mais nous a aussi inhibés durant les cinq premières minutes du match. Le public a été notre douzième homme. »
Performance de Florian Thauvin
Que pouvez-vous dire sur Florian Thauvin et sa performance en finale ? « Les gens l’ont élu homme du match, et je suis d’accord avec eux. Il apporte du dynamisme et du rythme au jeu. Il attire le public derrière nous. Grâce à lui, tout le monde se reconnecte. Il a de l’expérience pour gagner des titres et nous aide à ce niveau. Il a beaucoup donné et a dû sortir à la 75e minute, il était épuisé. Il combine talent et effort. »
Une saison pleine de défis
Pensez-vous avoir franchi un cap personnellement ? « J’ai simplement terminé une saison complète en Ligue 1, c’est la première fois que cela m’arrive. Peut-être que cela va me faire évoluer, mais cela se ressentira surtout dans ma tenue vestimentaire. »
Cette finale a-t-elle correspondu à vos attentes ? « Les Niçois nous ont surpris. Ils ont pressé et ont bien joué. Certains pensaient qu’ils n’allaient pas se battre pour cette finale, mais ils étaient présents dès le début. Nous avons mal commencé. Un coup de chance à 2-1 pour nous, avec un ballon touchant notre barre, nous a aidés. Je suis conscient de la performance de Nice, mais nous avons su nous adapter efficacement. »
Ambitions pour l’avenir
Vous attendiez-vous à voir le RC Lens réaliser une telle saison à votre arrivée ? « Pendant la préparation, j’avais remarqué certaines choses. Il manquait d’ambition. Avant un match amical contre la Roma, j’ai dit aux joueurs que si nous avions de la qualité sans ambition, cela ne servirait à rien. Je pense que cela a fait son chemin dans leur tête. Le recrutement pendant la trêve a également joué un rôle. Le club est sur une bonne dynamique pour les saisons à venir. »
Antonio et Sima sortent de votre centre de formation, est-ce votre influence ? « Ce sont de jeunes joueurs, mais ils sont performants. Ils doivent jouer quand l’occasion se présente. Les nouvelles médicales concernant Kyllian (Antonio) avant la finale n’étaient pas bonnes. Cependant, j’ai décidé de le titulariser plutôt que de le faire entrer en jeu avec le risque qu’il se blesse, ce qui aurait nécessité deux changements. Finalement, il a joué six fois un quart d’heure. Cela prouve que lorsque la tête veut, le corps suit. »
Le rôle du public
Quelle est votre ambition pour l’avenir ? « Terminer une deuxième saison, puis une troisième, et ainsi de suite. Les attentes sont très élevées pour les clubs. Changer d’entraîneur à tout bout de champ n’est pas la solution, cela a été démontré cette saison et c’est coûteux. »
Quel rôle a joué le public lensois durant cette saison ? « C’est un public exceptionnel. Lorsque je jouais contre Lens, je profitais de la situation tout en souffrant. Maintenant, en menant, j’ai pris conscience du soutien qu’il a apporté tout au long de l’année. Mais ce n’est pas seulement au stade, c’est aussi en ville. Ils offrent de la sympathie et de l’énergie. Ce public mérite d’être récompensé. C’est un beau cadeau pour tous. »
Un parcours surprenant
Vous imaginiez-vous à ce poste il y a quelques années alors que vous étiez éducateur ? Quel message souhaitez-vous transmettre aux entraîneurs qui aspirent au haut niveau ? « Je suis très surpris de ce que je vis. Lorsque j’étais sur le podium pour recevoir le trophée, j’ai dit à mon staff : ‘Mais vous vous rendez compte de l’endroit où nous sommes ?’ C’était la même chose quand j’étais dans les tribunes pour recevoir mon prix de meilleur entraîneur de l’année. Je suis encore jeune dans ce métier. Pour les éducateurs, le message est de s’accrocher et d’avoir de l’espoir. Pour obtenir des opportunités, il faut aussi être une opportunité. Il faut se former, progresser, apprendre et maîtriser des langues étrangères pour pouvoir communiquer avec les joueurs dans leur langue maternelle, afin de leur montrer que nous nous intéressons à eux. »
Quelle accolade vous a le plus marqué ce soir ? « Celle avec mon adjoint, Jamal (Alioui). Nous marchons sur le même chemin depuis le début. Nous avons nos désaccords, mais nous avons beaucoup d’affection l’un pour l’autre. »
Avez-vous hésité à rejoindre Lens il y a un an ? « Non, je n’ai pas hésité. C’était un bon choix. »