
La situation est tendue et la décision pourrait être sévère. France Télévisions se trouve à un pas de ne pas renouveler les droits de diffusion en clair de la Coupe de France (un match par tour à partir des 32es de finale), dont le contrat a expiré en juin. Depuis plusieurs mois, le service public a laissé dans l’incertitude les responsables de la Fédération française de football (FFF), indiquant qu’il ne pouvait pas se prononcer en raison d’un « cadre budgétaire » fixé par l’État. Ce cadre vient d’être défini, imposant aux chaînes publiques de réaliser des économies drastiques (47 millions d’euros supplémentaires d’économies à atteindre d’ici 2027, portant le total à 90 M€), ce qui pourrait compromettre un nouvel accord avec la FFF.
Menaces sur le contrat
Dans une interview accordée à Le Monde ce vendredi matin, Delphine Ernotte, présidente de France Télévisions, a admis que le contrat était menacé.
« Nous allons agir partout, » a-t-elle déclaré.
Nous allons continuer à renégocier les coûts des programmes et les droits sportifs. Certaines compétitions ne seront peut-être pas renouvelées, comme la Coupe de France de football par exemple.
En réalité, des sources internes suggèrent que la décision de renoncer à cette compétition emblématique, qui allie football amateur et professionnel et fait partie du patrimoine « culturel » cher au service public, est déjà prise.
Réactions de la FFF
Du côté de la FFF, aucune information concernant une décision définitive de France Télévisions n’a été communiquée, et l’espoir de trouver une solution demeure. Cependant, la confiance a diminué. Les attentes affichées en juin dernier par Philippe Diallo, président de la FFF, semblent désormais lointaines.
« Cela devrait se régler dans les jours qui viennent, » pronostiquait-il début juin, juste avant l’assemblée fédérale à Ajaccio.
Il n’y a pas encore d’accord. Les discussions se poursuivent avec la Fédération en espérant aboutir dans des délais que j’espère courts.
Le temps a passé, et l’issue paraît plus incertaine que jamais. Néanmoins, la Fédération française espère, sans grande certitude, que les autorités publiques interviendront pour débloquer la situation.
Concernant les négociations, il a été rapporté que France Télévisions avait déjà demandé à réduire de moitié le montant de son contrat (4 millions d’euros par an au lieu de 8 millions). Cela fait suite à une précédente réduction d’un contrat de 11 millions d’euros par an dans le cycle précédent. La FFF n’est donc pas disposée à faire un effort supplémentaire et cherchera probablement d’autres partenaires si France Télévisions confirme son retrait, comme cela semble se dessiner.
Par ailleurs, d’après nos informations, beIN Sports, l’autre diffuseur actuel de la Coupe de France, qui a proposé une offre plus généreuse à la FFF pour la diffusion payante (toutes les rencontres à partir des 32es de finale, avec un match également vendu à une autre chaîne, jusqu’ici France Télévisions), n’a pas encore signé son contrat. La chaîne franco-qatarienne avait d’abord proposé 8 millions par an jusqu’en 2030, puis a même augmenté son offre à 9 millions après une ultime négociation menée par Diallo. Bien que l’annonce de cet accord ait été faite mi-décembre, il y a déjà neuf mois, le contrat n’est pas encore paraphé. Néanmoins, lors d’une conférence de presse début septembre, beIN a annoncé la diffusion de la compétition sur ses antennes pour cette saison.