20.08.2026
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Le retrait du titre de l’Afcon 2025 à la Sénégal provoque des réactions en chaîne en Afrique

Decision to strip Senegal of Afcon title has left me gobsmacked – and others in Africa furious

Au fil de mes plus de trente années à couvrir le football africain, j’ai traversé un large éventail d’émotions. J’ai ressenti de l’excitation pour les moments marquants du continent lors de la Coupe d’Afrique des Nations (Afcon) et de la Coupe du Monde. Cela a été accompagné de frustration face aux erreurs de ses dirigeants et parfois même de désespoir, me demandant si ces derniers assumeront un jour leurs responsabilités.

La décision, annoncée mardi par le comité d’appel de la Confédération africaine de football (Caf), de retirer le titre de l’Afcon 2025 à la Sénégal au profit du Maroc m’a laissé sans voix. Un ancien membre du comité d’appel a partagé ce sentiment.

« En tant que personne qui a été membre du comité d’appel pendant six ans, je sais qu’il n’a pas le pouvoir de changer la décision d’un arbitre sur le terrain. Je ne comprends pas comment ils ont pu prendre cette décision honteuse, »

a-t-il déclaré.

Réactions au sein de la Caf

Cette décision a également provoqué la colère des membres du comité exécutif de la Caf. Ces derniers sont conscients que le point 5.2 des lois du jeu indique clairement que« les décisions d’un arbitre concernant les faits liés au jeu, y compris la validation d’un but et le résultat du match, sont finales ».

« C’est une grande blague, » a commenté Samir Sobha, membre du comité exécutif de la Caf, en provenance de Maurice, mercredi.

« Nous ne pouvons pas corriger une erreur en en commettant une autre… corriger une injustice par une autre ne peut pas être considéré comme une réponse acceptable, que ce soit sur le plan sportif ou éthique, »

ajouta-t-il.

Antécédents de décisions controversées

Ce n’est pas la première fois que la Caf prend une décision controversée. En mai 2019, lors du match retour de la finale de la Ligue des champions de la Caf entre l’Espérance de Tunis et le Wydad de Casablanca, l’arbitre gambien Bakary Gassama a déclaré l’Espérance vainqueur alors que les joueurs du Wydad avaient quitté le terrain suite à l’annulation du but de Walid El Karti en seconde période.

Après plus d’une heure d’interruption et le refus de l’équipe marocaine de reprendre le jeu, Gassama a mis fin à la rencontre, attribuant une victoire de 3-0 à l’équipe tunisienne. Cela a conduit à l’abandon de la finale de la Ligue des champions de la Caf pour la première fois de son histoire.

Bien que le verdict de Gassama ait été conforme aux règles du tournoi de la Ligue des champions de la Caf et aux lois du jeu, le comité exécutif de la Caf s’est réuni à Paris en juin et a annulé sa décision. Il a ordonné une nouvelle rencontre pour le match retour abandonné.

Ce n’est qu’après une intervention du tribunal arbitral du sport (Tas) que la Caf a finalement respecté le verdict de l’arbitre ainsi que les procédures judiciaires ultérieures, confirmant l’Espérance comme vainqueur.

Conséquences pour la gouvernance de la Caf

De manière frappante, neuf ans plus tard, la Caf semble replonger dans un marasme de gouvernance auto-imposé. Le corps d’appel, dirigé par Roli Harriman, un juge de la haute cour nigériane, a émis un jugement qui remet en question les lois du jeu. Ce jugement est certain d’être contesté par le Tas, afin de protéger la règle fondamentale du football : la décision d’un arbitre, qu’elle soit bonne ou mauvaise, est finale (à l’exception de l’arbitre vidéo).

Il est indéniable que Jean-Jacques Ndala Ngambo a vécu un véritable cauchemar lors de la finale de l’Afcon. Son arbitrage a été critiqué : il a refusé un penalty mérité par la Sénégal et n’a pas annulé le match, en faveur du Maroc, lorsque les joueurs ouest-africains ont quitté le terrain pendant plus d’un quart d’heure en signe de protestation contre un penalty controversé accordé contre eux. Cependant, une fois que Ngambo a décidé de reprendre le jeu, le résultat devait être déterminé sur le terrain et non dans les tribunaux de la justice footballistique.

La manière dont cette affaire se conclura sera sans aucun doute un moment décisif pour la présidence de cinq ans de Patrice Motsepe. À la lumière de l’ambiance au sein de la communauté du football africain, qui est encore sous le choc du report inexplicable de la Coupe d’Afrique des Nations féminine, qu’il avait promis de maintenir à temps au Maroc, le milliardaire sud-africain se trouve dans une situation très délicate en termes de crédibilité et d’héritage.