
Les mêmes problèmes entraînent des conséquences similaires : la passe maladroite d’Ignatius Ganago, lors du match de samedi à Sochaux (0-1), rappelle la transmission ratée de Tylel Tati à Laval, le mois dernier (1-2). Dans ces deux situations, un joueur nantais a offert à un adversaire la possibilité de marquer le but décisif.
Bien que les Canaris aient eu la possibilité de réagir après l’ouverture du score de Benjamin Gomel à l’heure de jeu, à part une tête de Fodé Doucouré déviée en corner par Mehdi Jeannin (70e) et un double sauvetage de la tête de Mathieu Peybernes (83e), les occasions nantaises les plus notables ont eu lieu avant ce but.
« Il faut assumer : si on a perdu, c’est qu’il y a des raisons », a reconnu Grégory Poirier lors de la conférence de presse après la rencontre. « Les statistiques, c’est bien, mais pour dominer l’adversaire, il faut être efficace dans les moments clés. » Son équipe n’a pas réussi à le faire dans le Doubs, seulement cinq jours après avoir décroché son premier succès de la saison contre Nancy.
Les limites de l’effectif nantais
Bien que le successeur de Michel Der Zakarian ne souhaite pas pointer du doigt Ganago pour son erreur de transmission (« C’est évident que c’est une erreur, mais le football est un jeu d’erreurs. Celle-ci est plus marquante que d’autres, mais c’est l’ensemble de l’équipe qui a perdu »), il a surtout mis en lumière les limites actuelles de son effectif : « On sait que Nantes doit gagner chaque match, mais c’est ce que je leur ai dit à la fin de la rencontre, il faut s’adapter à la réalité du Championnat de Ligue 2. En face, il y a une détermination supplémentaire. Nous devons faire beaucoup plus en termes d’engagement. »
Ces déficiences avaient également été soulignées par Der Zakarian en début de saison. Bien que l’effectif nantais soit théoriquement équipé pour performer en Ligue 2, la descente et le mercato n’ont peut-être pas été totalement assimilés par tous les joueurs. « Il faut remettre certaines choses à plat », a affirmé le technicien de 44 ans. « Même si sur le papier, nous dominons les statistiques, si nous perdons, ce n’est pas un hasard. Il va falloir se ressaisir : nous avons perdu ensemble. Nous allons assumer ensemble. »
Une stratégie à revoir
Lors du match contre Sochaux, l’entraîneur du Red Star a choisi de relancer un système – le 3-5-2 – qui avait bien fonctionné la saison précédente avec son ancienne équipe (5e et barragiste), avec Mathieu Cafaro en soutien de Thomas Robinet et Balthazar Pierret, et Ryad Hachem au centre du jeu, mais sans Frédéric Guilbert ni Tylel Tati.
Si Poirier estime que Nantes « n’a pas perdu sur le plan tactique », cela ne garantit pas le succès de sa stratégie. Dans le contexte actuel du club, où chaque point est crucial, l’octuple champion de France ne peut pas se permettre de perdre du temps. Cela risquerait d’attiser encore davantage la colère de ses supporters et de creuser l’écart dans la course au top 5.