21.08.2026
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Jean-Michel Goncalves, supporter aveugle de Nancy : « Je ressens les émotions »

Jean-Michel Goncalves, capo des ultras de Nancy et aveugle : « J'ai déjà levé les bras avant que la balle n'entre, car je sentais la pression monter »

« Souvent, les gens sont étonnés de me croiser dans un stade. Mais c’est chez moi. » Jean-Michel Goncalves, qui a perdu la vue en 2008, n’a jamais envisagé de se détourner des tribunes qu’il sillonne depuis quarante-quatre ans. « J’y suis heureux, ça ne s’explique pas, affirme cet homme de 51 ans. À 7 ans, mon père m’emmenait à Nancy et à Metz. Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai toujours eu une préférence pour Nancy. » Son adolescence l’incite à parcourir la France pour soutenir son équipe : « J’aimais l’ambiance, chanter. Ces moments ont une saveur particulière. »

Un parcours de supporter

C’est lors d’un de ces déplacements qu’il prend le mégaphone pour la première fois. « À Wasquehal, on était dix. On m’a demandé de lancer le Aux armes! », raconte avec fierté le cofondateur du groupe de supporters ASNL F@N Connexion, fondé en 2001. Devenu naturellement capo, il ne quitte plus le kop rouge et blanc et enchaîne quatre « grands chelems » entre 2006 et 2009, manquant le cinquième car son chien guide arrive.

Jean-Michel Goncalves évoque des soirées mémorables lors de ses périples à travers la France, notamment celles passées au pub le Connemara, qui ponctuaient ses visites à Bordeaux. « J’espère que les jeunes vivront autant d’émotions que moi. Et j’en vis encore aujourd’hui ! »

Au stade Marcel-Picot de Nancy, au coeur de la tribune Schuth, le Mosellan continue de lancer des chants, d'encourager son équipe, que ce soit avec son mégaphone ou en frappant sur son tambour. (F. Faugère/)

Une connexion unique avec le stade

Depuis qu’il a perdu la vue, il a noué un lien encore plus fort avec le stade.

« Il me fait ressentir les choses. J’aime quand ça va d’un côté et de l’autre. On sent la joie, la crispation, la frustration. Je reçois ces émotions »

, glisse Jean-Michel Goncalves.

« J'aime quand ça va d'un côté et de l'autre. On sent la joie, la crispation, la frustration. Je reçois ces émotions », glisse Jean-Michel Goncalves. (F. Faugère/)

Jean-Michel a entretenu cette connexion en visitant d’autres parcages. Avec les Dijonnais, par exemple, il s’est rendu à Amiens, Ajaccio et Metz. « Ça permet de ressentir un autre état d’esprit, de s’ouvrir », ajoute-t-il.

« Un jour, on m'a même demandé combien le club me payait pour faire ce que je faisais », s'amuse le cofondateur du groupe de supporters ASNL F@N Connexion. (F. Faugère/)

De ses matchs, le natif de Saint-Max, dans l’agglomération nancéienne, retient l’inclusivité de beaucoup d’ultras. « Ce que je regrette en revanche, c’est qu’un handicapé en fauteuil par exemple soit seulement dans un coin. » Plus largement, il s’est mobilisé pour tous les fans nancéiens, obtenant notamment la réduction des coûts de déplacements. Cette figure du club lorrain n’a gardé aucun ticket. Pas même celui du sacre en Coupe de la.