
Lorsque le Paris Saint-Germain a finalement fait le déplacement à Lens mercredi soir, ils avaient pratiquement sécurisé leur cinquième titre consécutif en Ligue 1. Leur avance de six points, renforcée par un écart de buts largement favorable, était déjà insurmontable avec deux matches restants.
Report du match et tensions
Le match au Stade Bollaert était présenté comme un affrontement au sommet, mais le choix de le repousser à la semaine précédant le dernier jour de la saison a dévalué l’occasion. Si le match avait eu lieu comme prévu au début d’avril, une victoire des hôtes aurait pu réduire l’écart à un seul point alors qu’il restait cinq matches à jouer.
La justification de ce report reposait sur l’idée d’aider le coefficient européen de la Ligue 1, ainsi que sur des précédents établis lors de saisons antérieures. Dans un raisonnement similaire, Strasbourg avait vu son match contre Brest reporté pour soutenir leur campagne en Ligue Europa, qui s’est finalement soldée par un échec.
Bien qu’ils aient fini par accepter la décision de la ligue, Lens a publié une déclaration à la fin mars s’opposant à ce report. À ce moment-là, ils dénonçaient l’idée que le club au « dixième budget le plus élevé devrait s’adapter aux exigences des plus puissants, au nom d’intérêts qui semblent dépasser le cadre national ».
Concentration sur les objectifs
Lorsqu’ils se sont rencontrés mercredi soir, les deux équipes étaient compréhensiblement plus concentrées sur leurs finales à venir. Lens a la chance de remporter son premier titre de Coupe de France vendredi prochain, tandis que le PSG vise à conserver la Ligue des champions à la fin du mois.
Durant la rencontre, un échange de mots âpres entre les supporters de Lens et les fans parisiens a révélé le ressentiment face à la façon dont le calendrier de fin de saison a été modifié. À travers une série de banderoles incendiaires déployées tout au long du match, les supporters locaux ont ciblé les autorités de la ligue et la propriété qatarie des champions pour avoir « tué le football français ».

Performance sur le terrain
Sur le terrain, un PSG clinique a scellé le titre de la ligue avec une victoire 2-0. Khvicha Kvaratskhelia a ouvert le score pour les visiteurs avec son 11e but en 13 matches, après avoir été servi par Ousmane Dembélé. Ibrahim Mbaye est entré en jeu pour sceller le résultat en fin de match avec une finition précise dans le coin supérieur. Les hôtes ont réussi pas moins de 25 tirs, mais ont été stoppés à chaque fois par Matvey Safonov. Le gardien de 27 ans a su saisir sa chance d’occuper le poste de numéro 1 depuis le début de l’année, Lucas Chevalier étant désormais blessé.
Les célébrations post-match des visiteurs ont été relativement discrètes. « Ma célébration se déroule lors de la conférence de presse, » a plaisanté Luis Enrique lors de son bref passage après le match. « J’ai déjà célébré la semaine dernière. Nous étions sûrs à 99,9 % de gagner le titre, et aujourd’hui était la confirmation. C’est le titre que nous avons le plus savouré. C’était le plus difficile à obtenir depuis que je suis ici. Lens a bien travaillé ; cela a été difficile pour nous. C’est une saison étrange pour nous. Nous avons eu beaucoup de blessures, comme la plupart des équipes, et nous n’avons pas eu beaucoup de vacances l’été dernier. »
Le manque de repos de l’effectif du PSG au cours des deux dernières saisons est un point particulièrement pertinent, surtout compte tenu de l’importance du pressing incessant de leur ligne offensive pour leur succès. Tous leurs cinq défaites en championnat cette saison se sont produites quelques jours avant ou après un match européen.
Cependant, comme le prouve leur avance de neuf points, ils sont de loin l’équipe la plus forte et la plus constante de la ligue. Bien que leurs équipes de seconde zone aient parfois eu du mal à déjouer les adversaires nationaux, au moins une de leurs stars a toujours été là pour donner l’impulsion décisive.
Réactions et avenir
Le coach de Lens, Pierre Sage, a choisi de ne pas aborder la controverse entourant le report, se concentrant plutôt sur la performance de son équipe. « Nous ne sommes pas frustrés, nous sommes déçus, » a-t-il déclaré concernant leurs difficultés devant le but et l’issue du match. « Nous ne méritions pas de perdre. Le résultat est très injuste. Nous avons joué contre un adversaire d’un tel calibre qu’il est impressionnant pour nous d’avoir réalisé ce type de performance. »
Bien que son équipe se soit finalement essoufflée vers la fin de la saison, Sage a supervisé l’un des défis les plus solides à la domination du PSG. Lens a sécurisé la deuxième place et un retour en Ligue des champions après trois saisons d’absence. Même s’ils perdent des joueurs cette saison, avec déjà les départs de Wesley Saïd et Adrien Thomasson confirmés, il semble y avoir un plan à long terme en place pour que le club puisse rivaliser plus régulièrement au sommet dans les saisons à venir.
La lutte pour le titre cette année méritait une finale à enjeux plus élevés, mais Lens a encore la chance de terminer sa campagne sur une note positive en rencontrant Nice en finale de coupe au Stade de France la semaine prochaine. Les hommes de Luis Enrique, quant à eux, achèveront leur saison de championnat contre leurs voisins du Paris FC dimanche avant leur déplacement à Budapest.