
Ce fut un troisième passage infructueux. Michel Der Zakarian, revenu pour entraîner le FC Nantes cet été à l’âge de 63 ans, avait pour objectif de faire remonter l’équipe en Ligue 1, un exploit qu’il avait déjà accompli en 2008 et 2013. Cependant, il n’a tenu que trois matches, tous perdus, avant d’être remplacé par Grégory Poirier le 24 août.
À La Baule, alors qu’il se trouve « toujours en litige » avec ses anciens dirigeants après son passage devant la commission juridique de la LFP, il « continue à regarder beaucoup de matches », espérant trouver rapidement un nouveau défi. C’est la première fois qu’il s’exprime depuis son éviction.
« Le 22 août, après la lourde défaite à domicile contre Rodez (2-5) et deux jours avant votre mise à l’écart, vous déclariez.
« Si je me fais renvoyer, j’irai à la retraite. »
En avez-vous donc terminé avec le football professionnel ? Je suis à la retraite, mais j’ai toujours envie de travailler. Je me suis mal exprimé. Je voulais dire que j’y retournerai, car j’étais déjà à la retraite avant d’arriver au FC Nantes. J’ai signé mon premier contrat pro à 18 ans et je suis parti à la retraite en 2025, car j’avais mes annuités.
Vous sentez-vous prêt à repartir rapidement ? Oui, bien sûr. Je suis ouvert à tout, même en cours de saison. Maintenant, il faut qu’une direction me choisisse. J’ai toujours la passion et j’ai envie de réussir un dernier pari.
Avez-vous donc digéré ce renvoi ? Il y a toujours une grosse déception au départ. Mais c’est le football d’aujourd’hui, c’est la société d’aujourd’hui, de notre pays.
C’est-à-dire ? Je veux parler de la gestion des joueurs. Ce sont souvent eux qui décident.
Avez-vous ressenti un manque d’adhésion de leur part ? Il y a toujours des complications quand tu descends. Certains joueurs sont marqués, d’autres ont des problèmes sur le plan financier. Les salaires chutent et mentalement, cela peut peser. Beaucoup voulaient partir, mais certains n’ont pas eu les contacts espérés. Ce n’est donc pas la faute du coach qui arrive, mais la leur. Je n’ai pas peur de dire les choses.
Serait-ce donc davantage la faute des joueurs que la vôtre ? C’est la faute de tout le monde, mais le début de saison que l’on fait est la conséquence de joueurs qui ont un peu la tête à l’envers.
Votre grande expérience ne vous a pas permis d’anticiper ces problèmes ? Lors de mes deux précédentes expériences avec Nantes, il y avait des joueurs qui étaient descendus, mais les salaires étaient différents à l’époque. J’avais également des groupes avec un état d’esprit différent.
Pensez-vous néanmoins que vous auriez réussi à inverser la tendance si on vous avait laissé davantage de temps ? Je pense que oui. Nous avions travaillé sur le recrutement, nous avions choisi des joueurs, qui sont ensuite arrivés. À part deux, les autres, c’est nous qui les avions ciblés. Comme il y a beaucoup d’impatience, ce sont souvent les entraîneurs qui partent.
Ne regrettez-vous pas d’être revenu ? Non, pas du tout, car c’est le club qui m’a formé, où j’ai connu deux montées, et j’avais envie d’y retourner une dernière fois.
N’avez-vous pas l’impression de ne plus être trop « à la mode », qu’une nouvelle génération d’entraîneurs est mieux adaptée aux jeunes d’aujourd’hui, rendant difficile la recherche d’un défi intéressant ? Mais, comme les jeunes, je suis diplômé (rires). Bien sûr, nous voyons de plus en plus de directions choisir des jeunes, mais cela ne m’effraie pas.
Un dernier mot sur le FC Nantes, qui pourrait être vendu. Que vous inspire le passage de la famille Kita à la tête du club, pendant près de vingt ans, elle qui vous a appelé puis renvoyé à trois reprises ? Rien ne me gêne chez eux. Nous nous sommes toujours dit les choses. Il y a un patron, c’est lui qui met les sous, c’est lui qui décide. Il y a eu des bons choix et des moins bons, que ce soit pour les joueurs ou pour les coachs. Et certains grands coachs ont également rencontré des difficultés.