
À Rodez, on prend souvent des risques, surtout par manque de ressources. Le directeur sportif du RAF, Grégory Ursule, a fait un pari en 2024 qui semblait audacieux. À ce moment-là, Ibrahima Baldé sortait d’une saison sans jouer au RC Lens, en raison d’une blessure à la hanche. Conscient des enjeux, Ursule a décidé de tendre la main à l’attaquant, qui avait été formé au Red Star et en Artois. Ce dernier avait retenu l’attention d’Ursule depuis un certain temps. « Il était venu en 2022 avec Lens pour un stage et son profil nous avait séduits. Il a préféré être prêté à Annecy (L2) plutôt que de venir chez nous, mais nous avons toujours gardé un œil sur lui. Après une année sans matchs, il était en fin de contrat. Nous l’avons convaincu de nous rejoindre pour qu’il puisse se remettre sur pied et relancer sa carrière. » Ce choix s’est avéré bénéfique : Baldé a marqué 7 buts lors de sa première saison et 12 l’an dernier.
Dans la foulée des deux dernières journées de mai où il a inscrit trois buts, Ibrahima Baldé (23 ans) a débuté la Ligue 2 en force, avec quatre réalisations, dont un triplé à la Beaujoire contre Nantes (5-2 samedi dernier). « On ne peut pas rêver mieux comme début de saison. Je suis satisfait, même si je sais qu’il faut prouver chaque semaine, à l’entraînement et lors des matchs, qu’on peut me faire confiance », confie-t-il en réfléchissant au chemin parcouru depuis deux ans.
« L’année sans jouer a été très difficile, mais j’avais un mental de fer. Le soutien de ma famille et des équipes médicales a été précieux », poursuit-il, saluant l’aide du Rodez Aveyron Football. « Je ne pourrai jamais assez remercier les dirigeants ici. C’est un club familial, composé de personnes bienveillantes, où la pression n’est pas omniprésente, et où les supporters sont toujours présents. Honnêtement, c’est l’un des meilleurs endroits pour se relancer quand, comme moi, on repart presque de zéro. »
Ibrahima Baldé suit une tradition à Rodez, celle de redonner de l’éclat aux attaquants. Avant lui, des joueurs comme Andreas Hountondji, Killian Corredor, Timothé Nkada, Tawfik Bentayeb et Taïryk Arconte ont également retrouvé de la forme dans la cité ruthénoise. « Les joueurs sentent qu’on leur fait confiance et qu’on prendra le temps avec eux. Ils nous le rendent bien. Pour Ibra (Baldé), c’est exactement ça », souligne Grégory Ursule, qui, sans l’admettre, sait que le profil de son attaquant suscite l’intérêt, à quatre jours de la clôture du mercato. « L’avenir ? Je suis un joueur de Rodez. Cela n’empêche pas d’avoir des ambitions, comme celle de jouer un jour en Ligue 1. » Le RAF et l’entraîneur Didier Santini ne sont pas pressés.