
Les affrontements survenus entre des hooligans de Nice et de Paris étaient-ils prévisibles ? La question se pose après les incidents de jeudi soir, survenus au cœur de la capitale, qui ont causé six blessés, dont un dans un état critique, et conduit à l’interpellation de 65 personnes. L’hostilité entre les ultras niçois et une partie des supporters parisiens était pourtant bien connue.
Qu’elle soit teintée de considérations politiques, avec des individus aux idéologies opposées, ou qu’elle soit nourrie par d’autres raisons, cette rivalité a déjà engendré plusieurs événements tragiques, bien éloignés du terrain. Le Gym jouait encore au stade du Ray lorsqu’un supporter parisien avait été poignardé lors d’un match Nice-Paris-SG, le 22 janvier 2003 (0-0). Ce trentenaire avait été blessé à l’abdomen à proximité du stade, et cinq autres supporters parisiens avaient également dû être hospitalisés.
Les souvenirs des supporters niçois n’ont pas effacé les « combats » qui les avaient opposés, il y a plusieurs années, à des groupes de supporters d’Auteuil ou de Boulogne à Antibes, une commune située à une vingtaine de kilomètres. Des liens s’étaient formés entre les Azuréens et les membres de Boulogne, mais pas avec ceux d’Auteuil, qui avaient conservé leur aversion pour les Niçois.
La finale précédente de la Coupe de France, disputée entre Nice et Nantes (0-1, en mai 2022) au Stade de France, avait également servi de prétexte à quelques tensions entre Niçois et Parisiens. Une rixe en ville, dans le secteur de la gare de Lyon, avait entraîné deux blessés légers et plusieurs interpellations.
L’événement marquant reste la rencontre de Ligue Conférence entre les Aiglons et Cologne, le 8 septembre 2022, qui a laissé des traces dans les mémoires. Une petite dizaine de membres d’Auteuil avaient été repérés dans les tribunes, mêlés aux supporters allemands. Ces violences avaient retardé le coup d’envoi du match et causé 18 blessés, dont un dans un état grave. Un membre identifié des « Supras Auteuil », dissous depuis 2010, avait été condamné à un an de prison, dont six mois avec sursis et six mois ferme sous surveillance électronique.