Déclaration

Killian Corredor (Rodez) : “Porter le maillot du RAF comme mon père, c’est extraordinaire”

Killian Corredor, l'homme providentiel du RAF

Killian Corredor est devenu un buteur redoutable au RAF. Crédits : RAF – Théo Durand

Trois ans et demi après son départ du TFC pour s’installer dans l’Aveyron, au Rodez Aveyron Football, Killian Corredor s’impose comme le leader offensif ruthénois. Quelques jours après l’élimination en 16e de finale de Coupe de France face à l’AS Monaco, le natif de Montpellier revient sur ses premières années de football, son histoire au TFC et son retour au RAF, son club formateur. Entretien. 

Comment est venue cette passion du football ? Votre père a été joueur à Rodez, c’est quelque part une source de motivation non ?

Bien sûr que ça m’a motivé, il a joué à un très haut niveau. Depuis tout petit, je suis sur les bords des terrains à regarder les matchs. Je l’accompagnais partout donc c’est ça qui m’a donné la passion et l’amour du football.

Vous avez fait vos premières classes au RAF avant de partir chez le voisin toulousain. Que retenez vous de ces années ? 

J’ai commencé à Onet-le-Château mes premières années avant de partir à Rodez. J’étais au lycée à Rodez, j’avais tous mes amis là-bas, on avait vraiment une bande de copains. On jouait tous les uns pour les autres. J’ai eu des coachs qui m’ont fait énormément progresser et qui m’ont donné encore plus l’amour du football. Je retiens que du positif et c’est ce qui m’a permis de signer en centre de formation à Toulouse.

En 2017, vous quittez l’Aveyron pour les bords de la Garonne. Le TFC est réputé pour la qualité de sa formation. Quelles étaient vos ambitions lors de votre arrivée ?

C’était tout simplement d’essayer d’aller au bout. Quand on est jeune et qu’on signe en centre de formation, on se rend compte très vite de la chance que l’on a. On sait aussi qu’on est pas loin de toucher au monde professionnel donc bien sûr que mon objectif était de signer mon premier contrat pro à Toulouse.

Au TFC, vous avez fait partie d’une génération talentueuse ( Adli, Koné, Diakité) avec notamment une finale de Coupe Gambardella. Comment décririez vous cette équipe ? 

On avait une équipe extraordinaire avec des joueurs qui ont explosé et qui jouent aujourd’hui dans des tops clubs européens. On avait vraiment une équipe de copains, on s’entendait tous bien et on jouait les uns pour les autres. Il y avait surtout des cracks avec des individualités qui étaient vraiment au-dessus et c’est ce tout qui fait qu’on est arrivé jusqu’en finale de Gambardella.

Vous avez gardé contact avec eux ?

On garde contact même si on ne s’envoie pas de messages toutes les semaines. Mais dès qu’on peut, on prend des nouvelles. On sait très bien que si on se revoit, on sera tous content et puis pourquoi pas aller voir leurs matchs et vice-versa.

Après vos années dans les catégories jeunes en National, vous basculez dans le monde sénior. Comment se passe ce changement de catégorie ? 

Ma première année, j’ai joué seulement avec les U19 Nationaux. C’est lors de la deuxième année où j’ai commencé petit à petit à monter avec le groupe National 3. Tout s’est bien passé même s’il a fallu un temps d’adaptation parce que ça n’a rien avoir entre ces deux mondes. Dans les catégories jeunes, ça joue au football et tactiquement mais niveau intensité et les duels, c’est totalement différent. En N3, c’est beaucoup d’impacts avec un jeu haché où il faut aller à 200% dans les duels. Mais je me suis vite adapté parce que c’est un monde qui me correspond.

Vous finissez par porter le brassard de capitaine de la réserve lors de votre dernière année. Quels souvenirs gardez vous ? 

C’était très significatif pour moi parce que pendant 4 ans, j’ai été suivi en tant que coach par Jean Christophe Debu. Cette année-là en plus, j’étais en fin de contrat, j’avais signé une convention donc je jouais mon contrat pro à la clé. J’étais aussi l’un des plus anciens avec Iliès Soudani et Paul Alexandre Cachart. Ça m’a fait énormément progresser et m’a surtout permis de gagner en maturité.

Cette même année, vous disputez plusieurs entraînements avec le groupe professionnel mais on ne vous donnera jamais votre chance en match. Comment avez-vous encaissé cette décision ? 

C’était une période compliquée parce que depuis mes débuts au Tef, j’ai touché pas mal de fois au monde professionnel. J’ai participé à la plupart des entraînements avec les pro, à la prépa et aux matchs amicaux. Malheureusement, je n’ai pas passé le cap selon le club pour que je puisse signer professionnel. Le Covid n’a pas non plus aidé mais au vu de ce que je suis devenu, c’est un mal pour un bien parce que ça m’a forgé mentalement.

Vous n’êtes donc pas conservé à l’issue de la saison 2020/2021 et vous faites votre retour à Rodez. C’était un choix logique pour vous ? 

Je venais de vivre une grosse déception parce que je n’avais pas pu accomplir mon rêve et mon objectif. Le choix est logique parce que je me rapproche de ma famille, je reviens dans ma ville où j’ai vécu, retrouver mes amis et le club où tout a commencé. C’était aussi dans la continuité de travailler pour atteindre mon but.

Après une saison avec la réserve où vous disputez 10 matchs pour 3 buts, vous intégrez le groupe pro. C’est une consécration pour vous, l’enfant du club ? 

C’était convenu que je m’entraîne avec le groupe mais que je fasse les matchs avec la réserve. Puis la consécration est arrivée lors de ma première apparition à Auxerre ( le 29 septembre 2021, ndlr). C’est mon tout premier groupe pro (rires). A ce moment-là, ça m’a donné espoir et ça récompense le travail accompli.

Votre combativité a souvent été soulignée pour parler de vos performances. Comment vous vous définissez sur le terrain ? 

Je suis quelqu’un de hargneux et de combatif qui donne tout de la première à la dernière minute. Toute cette énergie vient de mon amour pour le football tout simplement. Quand je suis sur le terrain, je joue avec mes copains. Si je pouvais donner une bonne passe à un coéquipier au lieu de marquer, je le ferais. Mon seul objectif, c’est de faire gagner mon équipe.

Lorsque vous enfilez ce maillot sang et or comme l’a pu le faire votre père, qu’est ce que vous ressentez ? 

Porter ce maillot en tant que professionnel et en Ligue 2, c’est extraordinaire. Quand j’étais petit, je voyais mon père jouer en CFA à Paul Lignon. J’ai grandi avec le RAF donc c’est quelque chose de fort.

Vous avez acquis une place de titulaire depuis l’année dernière avec une efficacité redoutable puisque vous êtes impliqué sur 17 buts en 25 matchs. Comment expliquer ce bilan ?

J’ai autour de moi une équipe avec des jeunes joueurs talentueux donc cela facilite les choses. Il y a aussi le staff qui m’accompagne tous les jours pour progresser. Je passe des paliers grâce à ce travail mais je peux encore m’améliorer dans plusieurs domaines pour pouvoir être plus décisif.

Deux triplés lors du huitième tour et les 32e de finale. Quels objectifs personnels vous êtes-vous fixés cette saison ?

En début de saison, je m’étais fixé la barre des 10 buts et 5-6 passes décisives. Je m’en fixe toujours un depuis que j’ai commencé le football. J’ai rempli cet objectif donc j’ai un peu augmenté à la mi-saison parce qu’il faut toujours être ambitieux.

Le week-end dernier, vous avez retrouvé l’AS Monaco, que vous avez éliminé la saison dernière. Mais ca n’a pas marché cette année. Qu’est ce qui a manqué pour réitérer la performance de l’édition précédente ?

Il n’a pas manqué grand-chose parce qu’on a fait un très bon match. On a mis les ingrédients pour mettre Monaco en difficulté. Le seul regret qu’on peut avoir sur ce match est de ne pas être rentré aux vestiaires en menant au score parce qu’on le méritait. Après ça s’est joué sur des détails. La moindre perte de balle de notre part, on a été puni cash par une efficacité clinique du 4e de Ligue 1.

Vous êtes 8e au classement à 5 points du podium. Vous affrontez le 4e, Laval, ce week-end. Quelles seront vos ambitions pour la fin de saison ? 

Notre premier objectif reste de se maintenir le plus rapidement possible. Après, au vu de la saison qu’on fait pour l’instant et les points obtenus, on se permet de rêver et de voir plus haut. Il faut jouer les matchs les uns après les autres pour les gagner et voir jusqu’où on peut aller. On ne se fixe pas de limite mais on garde quand même les pieds sur terre parce que tout peut aller très vite dans le football et en Ligue 2.

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