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Jimmy Algerino, un Toulousain dans les médias

Né et vivant à Toulouse, formé au TFC, passé par les Fontaines, Jimmy Algérino est un personnage de la ville Rose. Depuis août, l’ancien joueur du PSG est un des acteurs de la chaine « Téléfoot ». Il commente les matches de Ligue 1 mais est aussi consultant en plateau. Portrait de ce Toulousain qui a le foot dans la peau.

Entre une réunion avec les rédacteurs en chef de la chaine Téléfoot et un plateau sur le nouvel entraineur du Paris Saint-Germain, son ancien coéquipier Mauricio Pochettino, Jimmy Algérino nous a accueilli dans une salle de réunion, dans les locaux de la chaine à Aubervilliers. Col roulé et veste noire, l’allure affutée, le Toulousain a toujours le sourire lorsqu’il faut parler football.

Après une carrière professionnelle qui l’a vu passer de la deuxième division à une finale de Coupe des Coupes avec le PSG, Jimmy Algérino est revenu s’installer à Toulouse « d’abord pour être avec ma fille ». Quelques voyages et après avoir bien coupé avec le monde du football, il est de retour à la fin des années 2000, à Castanet : « J’avais mes neveux qui jouaient à l’US Castanet, et je me disais que ce n’était pas mal d’y apporter mon expérience. Ça s’est super bien passé avec le Président Bernard Maquoy, qui est adorable. Je me suis retrouvé responsable de l’école de football. Ça m’allait très bien parce que je ne voulais pas entrainer mes neveux, ni m’occuper des Nationaux, car je ne voulais pas revenir dans ce monde. J’en ai profité pour passer mes diplômes jusqu’au DEF », explique-t-il. Après Castanet, l’ancien arrière droit découvre le mythique club de Toulouse Fontaines : « Thierry Dezon, le Président m’a demandé de le rejoindre en tant que directeur sportif, je n’étais pas du tout parti pour coacher, mais ça s’est fait quelques mois après. Je n’étais pas forcément fait pour ça, mais on l’a fait, en étant le plus honnête possible. Ça ne s’est pas bien fini, car il devait y avoir la fusion avec Toulouse Saint Jo, mais ça ne s’est pas fait à ce moment là… Ça s’est fait quelques années plus tard avec Toulouse Métropole, mais je n’étais plus là, on ne peut pas dire que c’est à cause de moi », ironise-t-il.

« Jouer au Stadium, c’était une motivation supplémentaire »

Jimmy a Toulouse dans la peau, c’est le moins que l’on puisse dire. Aujourd’hui, il vit toujours dans la ville Rose : « J’ai mes habitudes, je vais nager très régulièrement aux Dauphins du TOEC, puis on a les anciens des Fontaines. Bon avec le Covid, on ne joue plus mais on aime se retrouver. Mais à 11, avec l’âge, ça devient difficile », se moque-t-il. Supporter du TFC depuis petit, il a été formé chez les Violets. Mais il n’y a jamais joué en professionnel… « En tant que Toulousain, c’est un regret ! À chaque fois que je suis venu jouer au Stadium par la suite, c’était une motivation supplémentaire. C’est une déception, je n’ai jamais pu y jouer. J’aurai pu y finir ma carrière mais ça ne s’est pas fait, malheureusement. Mais je n’en veux à personne car ça m’a motivé toute ma carrière » assure-t-il.

En revanche, il regrette les causes de cette éviction du centre de formation du TFC : « C’était à cause de ma taille (il mesure 1m74). Et 30 ans après, c’est toujours une raison qui est d’actualité. Pour moi, c’est de la discrimination. Qu’on dise qu’il y a meilleur, pas de soucis, mais on ne doit plus donner cette raison pour ne pas prendre un joueur » peste-t-il. Mais il rappelle : « Ça a été un moteur pour moi, toute ma carrière, donc je les remercie ».

Son meilleur souvenir footballistique à Toulouse, ce n’est pas avec le TFC mais en UNSS : « Quand on me demande mon palmarès, je cite toujours ce titre de champion de France UNSS, avec le lycée Rive Gauche sous la houlette de Philippe Mauries. Avec Fernandez dans les buts, Badaracco, Freddy Ouvret… C’était super ! Benaïssa marque en finale à Rouen, c’est un souvenir exceptionnel, je m’en rappelle comme si c’était hier » souligne-t-il, nostalgique.

Aujourd’hui, l’ancien joueur de Châteauroux ou Sochaux est bien présent dans les médias : « Je suis consultant sur Europe 1 pour les soirées Ligue des Champions. Et je suis aussi sur Téléfoot, le samedi et lundi en plateau, et le dimanche je commente un match de Ligue 1 » énumère-t-il. Cette reconversion n’était pas évidente pour celui qui a arrêté sa carrière en 2005 : « À l’époque, Michel Denisot et Karl Olive m’avaient demandé de les rejoindre à Canal Plus. J’avais refusé car je ne m’en sentais pas capable notamment à cause de mon accent du sud-ouest. J’avais laissé ça de coté, je préférais transmettre comme je l’ai fait à Castanet. Puis j’ai collaboré avec le PSG, en tant qu’ancien joueur, et j’ai participé notamment à l’installation de l’académie PSG au Liban puis en Thaïlande. J’ai fait aussi beaucoup de représentation pour le club avec mon ami Vincent Guérin », résume celui qui a joué 176 matches avec le club de la capitale. « Puis quand Europe 1 est venu me chercher, j’ai dit oui. La radio c’est fantastique, j’adore la liberté de ton. C’est différent de la télévision ».

Jimmy Algerino commente régulièrement avec Jerrely Rousseau pour Téléfoot, comme ici pour Bordeaux-Lorient.

Nabil Djellit, journaliste sur La chaine l’Équipe notamment, fait partie de l’équipe d’Europe 1 et il apprécie travailler avec le Toulousain : « Jimmy aime tout simplement le football et surtout il en parle bien. C’est à l’image de sa carrière, il est passé par plusieurs étages, plusieurs types de clubs et il représente bien ça. Jimmy est ancré dans le terroir du football français », constate le journaliste.

« Un homme à l’écoute, bienveillant, passionné »

À Téléfoot, même si l’aventure peut se stopper à tout moment avec la crise des droits télés, Jimmy Algérino profite au maximum de cette expérience, sans se soucier de quand elle va se terminer : « Revenir sur les pelouses, c’est génial. De suivre les clubs, travailler ses matches.  D’ailleurs, j’apprécie de voir le travail des journalistes. Lorsque j’étais joueur, je pensais qu’ils posaient leurs questions et c’est tout. Mais c’est un énorme travail que les footballeurs n’imaginent même pas », regrette-t-il. Jerrely Rousseau, journaliste pour la chaine commente régulièrement avec l’ancien joueur : « Commenter, c’est particulier, il faut travailler ses matches. Jimmy est à l’écoute, bienveillant, passionné. Il veut toujours apprendre et progresser » apprécie-t-il.

Une anecdote résume bien le personnage. Il y a quelques semaines, après Lorient-Rennes, un jardinier a trouvé la mort sur la pelouse du Moustoir, tué par la chute d’un appareil de luminothérapie. Jerrely Rousseau et Jimmy Algérino étaient au commentaire de ce match. Ému, Jerrely raconte : « Lorsque ce terrible accident a eu lieu la chaine voulait me prendre en direct pour décrire les faits lors de l’émission « Le Vrai Mag ». J’étais sous le choc. Mais paternaliste, Jimmy m’a accompagné et soutenu. Je le remercie, c’est vraiment une belle rencontre », conclut-il.

1 Comment

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  1. Verdié

    17/01/2021 at 9h22

    Algerino un super joueur qui aurait mérité plus de reconnaissance du milieu foot et des supporters. Une carrière qui est allée crescendo jusqu’au PSG. un aboutissement pour montrer à tout le monde toute sa classe. Lateral offensif, intraitable en défense, à tous ses matchs il a fait parler sa technique, et son intelligence de jeu. Pour tout ce que tu as fait merci. Les jeunes ne souviendrons pas de toi, moi oui. Un exemple

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