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Castelnau d’Estrétefonds – Romain Bourdeaux : « Il faut être fou pour faire ça !»

Il était au club depuis quatorze saisons, dont quatre en tant que président. Mais, usé par la fonction et ayant l’envie de profiter des siens, Romain Bourdeaux quitte Castelnau d’Estrétefonds plein de souvenirs. Il nous les raconte tout en évoquant quelques pistes pour le futur président.

Pourquoi avoir choisi de quitter votre poste ?

Le fait d’avoir eu deux saisons particulières ont fait que ça nous écarte du foot. Ce rôle de président me prend aussi trop de temps entre la vie familial et professionnel. J’ai envie de profiter d’autre chose.

Président de club, est-ce aussi prenant que cela en a l’air ?

Il faut être fou pour faire ça ! J’avais une très bonne équipe autour de moi, des personnes top. Mais 7-8 personnes pour 400 licenciés, c’est trop peu. Au rugby, on prend des leçons de bénévolat. Ce n’est pas le cas au foot où on a de moins de moins de bénévoles. Dans mon rôle, je devais aussi m’impliquer à 100% donc c’est usant à la longue. Des personnes croyaient même que j’étais payé ! Mais non, je n’étais que bénévole et ça faisait partie de ma vie avec mon travail. Un autre exemple, tu reçois de nombreux coups de fil de parents qui t’appellent avant de contacter l’éducateur concerné. Cela fait perdre beaucoup d’énergie.

La situation sanitaire a-t-il également joué un rôle dans votre décision ?

Bien sûr. Quand tu n’as plus de foot, tu t’habitues à pratiquer d’autres activités. Il est plus facile de prendre un week-end en famille ou avec des amis. Il va falloir un certain temps pour que les gens remettent le foot dans leur vie. Les conditions n’ont pas fait du bien aux petits clubs. Ça m’inquiète car j’ai peur que certains disparaissent.

Usé par son rôle de président, Romain (à gauche) ne présentera plus les tenues de l’ASCE. (crédit: ASCE)

« On aurait dû monter cette année-là »

 

Quelle évolution avez-vous pu constater au travers vos années de présidence ?

Je constate qu’il y a de moins en moins d’éducateurs qui souhaitent se former. Ce sont souvent des parents qui donnent un coup de main gracieusement sans forcément connaître le foot. Les autres ne suivent plus forcément leurs enfants ou ils viennent dépanner sur une ou deux années. Et puis, certains n’ont plus la lucidité car ils croient que leur fils va devenir Messi ! L’autre problème, c’est l’argent qui prend trop d’importance chez les seniors et cela plombe le foot amateur. Certains clubs basent leur discours sur ça alors qu’il faudrait plutôt investir dans les écoles de foot et dans les jeunes formateurs. Les joueurs pensent avant tout à l’argent et ce quel que soit le niveau. Ce n’était pas le cas à mon époque. J’ai joué douze ans à Castelnau d’Estrétefonds et on a fait monter le club de Promotion 1ère à R3 avec un groupe qui avait la même mentalité sans se soucier du pognon.

Quels souvenirs gardez-vous de vos années de président ?

Il y a plus de positif que de négatif. J’avais une équipe au top, des gens dévoués qui ont tout donné pour le club. On a réussi à avoir 400 licenciés, ce qui est énorme. Au niveau sportif, on a pu mettre en place des choses chez les jeunes. On a notamment amené les U20 en Elite.

Quel est votre plus grand regret ?

Sans aucun doute, la non-montée lors de ma première année de présidence. La défaite face à Cahors lors de l’avant-dernière journée nous a coûté l’accession. On avait été premier tout le long. On aurait dû monter cette année-là.

Romain (en orange) garde de très bons souvenirs de ses années estrétefontaines. (crédit: R.B.)

« Il y a du potentiel à Castelnau d’Estrétefonds »

 

Quid de votre avenir ? Restez-vous au club ?

Non, j’arrête toutes mes fonctions. Ça me manquera de ne pas aller voir un match le samedi, même si j’irai de temps en temps. Je suis licencié au foot depuis que j’ai 5 ans. Il a pu passer devant ma famille mais je n’ai plus envie de ça. Je veux voir grandir mes enfants.

Avez-vous des conseils à donner au futur président ?

Il faut une personne qui ait un minimum de connaissances dans la gestion et surtout qu’elle soit bien entourée. Elle devra aussi compter sur de nombreux bénévoles pour ne pas s’épuiser. Il faut peut-être de nouvelles idées et du sang neuf pour apporter un souffle nouveau. L’an dernier, j’avais fait un appel du pied mais personne ne s’est bousculé au portillon. Il y a pourtant du potentiel à Castelnau d’Estrétefonds qui des équipes qui portent le club vers le haut.

Un dernier mot à ajouter ?

Je remercie toutes les personnes que j’ai connues. Je vais en citer quelques-unes : Pierre et Magali Moine, Vincent Labitte, Matthieu Guerrier, Mouloud Ramdani, Cécile et Olivier Brembilla, Nicolas Bouyer, Rabir Youcefi, Rémi Tixier, Françoise Ballois… Je salue aussi tous les éducateurs et autres dirigeants croisés durant mes années au club. J’ai passé de super moments au sein de cette belle famille qu’est l’ASCE.

 

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