23.10.2026
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Romain Revelli quitte le Bourges FC après un bilan mitigé

De la promesse à l’échec, le bilan de Romain Revelli au Bourges FC

Le 21 octobre, le Bourges FC et Romain Revelli ont décidé de mettre fin à leur collaboration d’un commun accord. Arrivé en décembre 2024 pour dynamiser le club dirigé par Sadio Mané, l’entraîneur s’en va sans avoir réussi à faire monter l’équipe, qui n’a toujours pas enregistré de victoire en National 1 cette saison.

C’est donc la fin d’une promesse. Lorsque Romain Revelli prend les rênes de Bourges, en décembre 2024, le club nourrit de grandes ambitions. Racheté un an plus tôt par Sadio Mané, le Bourges FC vise la Ligue 2 d’ici 2030. Pour mener à bien ce projet, la direction mise sur un entraîneur expérimenté, ancien adjoint de Christophe Galtier à Saint-Étienne. Les débuts de cette histoire semblent lui donner raison, avec un maintien en fin de saison, une prolongation de contrat jusqu’en 2027, puis une deuxième place l’année précédente, à huit points de la montée.

Cependant, la marche vers l’étage supérieur ne sera jamais franchie. Cet automne, Bourges n’a toujours pas remporté de match en championnat et se classe au 15e rang de son groupe de National 1. Après une défaite 3-0 contre Lyon-La Duchère, le 17 octobre, Romain Revelli souhaitait encore s’accrocher. « Je ne suis pas un lâcheur », affirmait-il dans les colonnes du Berry Républicain. Quelques jours plus tard, la séparation était officialisée. Près de deux ans après son arrivée, le constat est amer : le projet a progressé, mais l’équipe première est restée au même niveau.

Un projet ambitieux

Né en 2021 de la fusion entre Bourges Foot et Bourges 18, le club évolue le 25 octobre 2023 avec l’arrivée de Sadio Mané comme propriétaire. « Nous allons travailler ensemble pour développer et structurer le club », promet alors le joueur international sénégalais. L’objectif est clair : atteindre la Ligue 2 d’ici 2030. Cependant, la stabilité sur le banc d’entraîneurs fait défaut. Laurent Di Bernardo, William Prunier, Jamal Alioui, Stéphane Rossi et Walid Aïchour se succèdent en trois ans et demi. Le 10 décembre 2024, alors que Bourges est 9e de son groupe de National 2 (aujourd’hui National 1), Romain Revelli est appelé à la rescousse. Il possède une vaste expérience, ayant entraîné à Andrézieux, Cholet, Dunkerque en Ligue 2 et Villefranche en National.

Les premiers mois sont encourageants. Bourges réussit même à s’imposer face aux Girondins de Bordeaux (4-3) en février 2025, avant de garantir son maintien. Fin avril, la direction décide de prolonger son contrat jusqu’en 2027. Le club termine la saison à la 8e place avec 41 points. La saison 2025-2026 est également positive, avec seulement six défaites en trente matchs, une victoire 4-1 contre le leader Thionville, et une deuxième place avec 52 points. Thionville monte seul, mais Bourges se classe meilleur deuxième. Antonin Bisson, journaliste au Berry Républicain et suiveur du club, souligne que la longévité de l’entraîneur constitue déjà un progrès, car aucun entraîneur n’avait tenu aussi longtemps depuis la fusion.

Des objectifs à atteindre

Avec la réforme des championnats, l’ancien National 2 est devenu cet été le National 1. Bourges demeure au quatrième niveau, dans un championnat où neuf clubs seront relégués à la fin de la saison. Le club renforce son effectif, notamment en provenance du Sénégal, avec les recrues de Mouhamed Niang, Cheikh Malick Sambou et Maguette Diop. L’objectif fixé par la direction n’est pas uniquement la montée. Selon Antonin Bisson, l’idée était plutôt de « rester dans les standards de l’année précédente », confie-t-il. Quant à la Ligue 2 en 2030, elle représente davantage un but à long terme. « Au quotidien, ce n’est pas du tout une pression de penser qu’il faut être en Ligue 2 en 2030 », précise le journaliste.

Sur le terrain, les performances se dégradent rapidement. « Il y a eu pas mal de matchs avec des scénarios difficiles », raconte Antonin Bisson. Lors d’une rencontre contre Andrézieux (1-1), Bourges menait avant de subir un carton rouge juste avant la pause et se fait égaliser. Contre GOAL FC (0-0), le gardien se blesse et, faute de remplaçant, un joueur de champ doit garder les buts pendant presque toute une mi-temps. Quatre matchs nuls de suite ne suffisent pas à inquiéter, selon le journaliste. « Les quatre premiers matchs étaient plutôt corrects », estime-t-il, avant de souligner le véritable tournant, lors de la défaite contre Fréjus Saint-Raphaël (0-1), le 3 octobre : « Il y a eu la bascule de la première défaite. » La défaite 3-0 contre Lyon-La Duchère, promue de National 2, place Bourges à la 15e place sur 17 dans le groupe C, avec un seul but marqué en six matchs. Le président Cheikh Sylla continue d’afficher son soutien, mais les deux hommes se séparent en début de semaine. « Ce qui est avancé, c’est surtout le problème de vestiaire », précise le journaliste du Berry.

Un projet en question

Au-delà du départ de Romain Revelli, la situation soulève des interrogations sur le fonctionnement du club. Antonin Bisson refuse de diaboliser la situation. « On ne peut pas dire qu’en six ans, il n’y a rien eu de fait », soutient-il. Cependant, il pointe un manque crucial : « Des personnes qui avancent toutes dans la même direction. C’est un peu ça qui manque aujourd’hui dans ce club », ajoute-t-il.

Le projet a pourtant progressé, comme en témoigne l’annonce en février 2026 du Sadio Mané International Institute, un centre de formation alliant football et métiers du territoire. Cependant, les attentes sont élevées, compte tenu des moyens du propriétaire. « Avec un actionnaire comme Sadio Mané qui dispose de tant de ressources, on peut légitimement espérer que les choses soient mieux organisées », estime Antonin Bisson. Pour lui, Bourges reste un club « où il y a toujours de très bonnes intentions », mais où « il est parfois difficile de comprendre qui fait quoi ».

Un bilan décevant

Sur le papier, les statistiques de Romain Revelli ne sont pas catastrophiques : 21 victoires, 18 nuls et 14 défaites en 53 matchs officiels, un maintien et une place de meilleur deuxième. Toutefois, l’objectif fixé pour l’été n’est pas atteint, et le club n’a pas progressé. « On reste un peu sur notre faim sur certains aspects », résume Antonin Bisson.

En attendant un nouvel élan, Bourges n’est pas allé chercher bien loin. Deux jours après le départ de Revelli, la direction a choisi une solution interne en confiant l’équipe de National 1 à Davy Merabti, jusqu’alors directeur technique et entraîneur de la réserve. Un choix qui pourrait s’inscrire dans la durée, selon Antonin Bisson.

« Il possède les diplômes et a entraîné la réserve. »

Pour le nouvel entraîneur du BFC, le premier rendez-vous est prévu ce dimanche 25 octobre (14h30) sur le terrain de l’US Mer (R3), dans le cadre du sixième tour de la Coupe de France. Au successeur de Romain Revelli de replacer Bourges à la hauteur de ses ambitions.